Marketing cabinet médical et dentaire Maroc | ANIMA
Guide 2026 · Santé et cabinets médicaux

Marketing digital pour cabinets médicaux et dentaires au Maroc : ce que vous avez le droit de faire

Publicité interdite, information du public autorisée : le guide concret pour rendre votre cabinet visible à Casablanca comme à Rabat, sans franchir la ligne déontologique.

Illustration — Marketing digital pour cabinets médicaux et dentaires au Maroc : ce que vous avez le droit de faire

Au Maroc, un médecin ou un chirurgien-dentiste n'a pas le droit de faire de la publicité. Le Code de déontologie de la profession médicale interdit les annonces à caractère publicitaire et le rabattage de patients ; celui des médecins-dentistes interdit « tous procédés directs ou indirects de réclame ou de publicité ». Ce qui reste autorisé, c'est l'information du public : nom, spécialité, adresse, horaires, un site sobre et des contenus de santé pédagogiques. Et ce périmètre suffit à remplir un agenda, parce que la plupart des cabinets ne l'occupent même pas.

Un cabinet médical a-t-il le droit de faire de la publicité au Maroc ?

Non. Deux textes encadrent la question, et aucun ne laisse d'espace à la promotion commerciale :

  • Médecins — décret n° 2-21-225 du 17 juin 2021, publié au Bulletin officiel n° 7066 du 17 février 2022. Son chapitre III s'intitule « Publicité et communication avec le public » et couvre les articles 21 à 29.
  • Médecins-dentistes — décret n° 2-96-989 du 5 janvier 1999, Bulletin officiel n° 4662 du 4 février 1999, toujours en vigueur.

Les deux codes partent du même principe : la profession ne doit en aucun cas être pratiquée comme un commerce (article 29 pour les médecins, article 11 pour les dentistes). Tout découle de là. L'article 21 interdit au médecin de se vanter de son expertise et qualifie de « rabattage de patients » toute sollicitation directe par offres ou promesses de prestations. L'article 26 précise qu'un site ou un espace numérique professionnel ne doit pas être « un moyen de publicité ou d'attraction des patients ».

⚠️ À retenir : ces règles relèvent de la juridiction disciplinaire de votre Ordre. Le risque n'est pas une amende, c'est une procédure devant votre conseil régional.

Ce qui est interdit, et ce qui est autorisé

La ligne est plus nette qu'on ne le croit. Voici des pratiques que l'on croise tous les jours sur les réseaux marocains, et leur statut réel :

PratiqueStatutRéférence
Campagnes payantes Meta, Google ou TikTok pour attirer des patientsInterditArt. 21 et 26 (médecins) · art. 11 (dentistes)
Photos avant / aprèsInterditArt. 21 · art. 11
Témoignages de patientsInterditArt. 21 · art. 11 · secret médical
Tarifs présentés comme argument commercialInterditArt. 29 · art. 11 et 35
Superlatifs (« le meilleur », « n° 1 »)InterditArt. 21
Nom de domaine générique (spécialité + ville)Interdit pour les médecinsArt. 27
Nom, adresse, téléphone et horaires dans un annuaireAutoriséArt. 12 (dentistes)
Site informatif : parcours, diplômes, actes pratiquésAutorisé et encadréArt. 28 (médecins)
Informations de santé à caractère éducatifAutoriséArt. 28

Une précision utile : exercer au sein d'une clinique ou d'une société ne rouvre pas la porte. L'article 23 interdit au médecin de laisser sa qualité ou sa réputation être utilisée à des fins publicitaires, y compris par une structure avec laquelle il travaille.

Ce que vous avez le droit de faire — et qui suffit

Le périmètre autorisé couvre exactement ce que cherche un patient : qui vous êtes, où vous êtes, quand vous consultez, comment prendre rendez-vous. Quatre chantiers, aucun publicitaire :

  • Une fiche Google Business Profile exacte — c'est l'annuaire d'aujourd'hui. Le code des dentistes autorise explicitement de figurer dans un annuaire avec nom, prénom, adresse, numéro de téléphone et jours et heures de consultation (article 12). Renseignez ces champs, épinglez correctement l'adresse, et rien de promotionnel.
  • Un téléphone qui répond — le premier motif de perte de patient n'est pas la concurrence, c'est un appel sans réponse à 11 h. Aucune règle déontologique ne s'y oppose, et aucun budget n'est nécessaire.
  • La prise de rendez-vous en ligne — c'est un service rendu au patient, pas une sollicitation. Elle réduit les rendez-vous manqués et libère le secrétariat.
  • Des fiches de santé pédagogiques — l'article 28 autorise les informations de santé à caractère éducatif, à condition qu'elles soient claires, objectives, pertinentes et vérifiables. C'est le seul levier de contenu pleinement ouvert.

La publicité payante étant fermée, la visibilité se joue sur la recherche : une fiche complète et des pages qui répondent aux questions réelles de vos patients. C'est le terrain du référencement naturel, et notre guide de la fiche Google Business Profile au Maroc détaille la marche à suivre.

💡 Le vrai constat : beaucoup de cabinets marocains n'ont pas de site, une fiche Google non revendiquée ou incomplète, et des horaires faux. Corriger cela ne demande aucune publicité, seulement de la rigueur.

Votre site : les trois règles que presque personne ne respecte

Le code de 2021 est très précis sur les sites professionnels. Trois obligations passent presque toujours à la trappe :

  1. Déclarer le site à votre conseil régional — l'article 26 impose d'informer le conseil régional lors de la création d'un site internet ou d'un autre espace numérique professionnel, réseaux sociaux compris. C'est gratuit, et c'est ce qui vous protège.
  2. Le nom de domaine doit porter votre nom — l'article 27 exige que la dénomination du site comprenne les nom et prénom du praticien, ou le nom de l'association de médecins légalement constituée. Les dénominations génériques de spécialité et les pseudonymes sont interdits. Autrement dit : dr-prenom-nom.ma oui, implants-casablanca.ma non.
  3. S'en tenir à la liste de l'article 28 — c'est une liste fermée, pas une liste d'exemples.

Peuvent figurer sur le site : vos nom et prénom précédés le cas échéant du titre de docteur ; la mention de la médecine générale ou de la spécialité au titre de laquelle vous êtes inscrit au tableau de l'Ordre ; vos titres et diplômes universitaires ainsi que les établissements les ayant délivrés ; les noms de vos collaborateurs et assistants ; un court descriptif de votre formation et de votre parcours ; une photo d'identité ; le domaine des activités médicales exercées, dans la mesure où il est justifié par vos diplômes et titres ; vos travaux scientifiques et publications ; des informations de santé à caractère éducatif.

Deux interdits complètent le tableau : le visiteur ne doit pas être obligé de divulguer son identité pour consulter le site, et celui-ci ne doit pas renvoyer vers des sites à caractère commercial. L'article 26 renvoie par ailleurs aux textes sur la protection des données à caractère personnel — au Maroc, la loi 09-08 et la CNDP : un formulaire de rendez-vous ne demande que le strict nécessaire. Pour la mise en œuvre, voyez notre offre de création de site web.

Les avis Google : ne les sollicitez pas, et répondez avec prudence

C'est ici que le secteur médical s'écarte le plus de tous les autres. Pour un commerce, demander des avis est la première recommandation ; pour un cabinet, c'est une sollicitation de patientèle, exactement ce que l'article 21 vise sous le terme de rabattage. Pas de QR code sur la facture, pas de relance par SMS.

Les avis arriveront quand même, et vous ne pouvez pas les supprimer. Le piège est dans la réponse : répondre publiquement « merci de votre confiance lors de votre implant » confirme que cette personne est votre patient et révèle son traitement. C'est une atteinte au secret médical, bien plus lourde que l'avis lui-même. Répondez par une formule neutre, jamais nominative, jamais médicale :

« Bonjour, le secret médical nous interdit de commenter une situation individuelle en ligne. Vous pouvez nous joindre au cabinet au 05 XX XX XX XX pour en parler directement. »

Notre article sur les avis Google au Maroc reste valable pour les commerces : ses conseils de collecte active ne s'appliquent pas aux professions de santé.

Par où commencer : la marche à suivre

Dans l'ordre, du plus rentable au plus long :

  1. Revendiquez votre fiche Google et corrigez l'adresse, la catégorie, les horaires et le téléphone. Gratuit, une heure.
  2. Traitez le téléphone : qui répond, à quelles heures, que faire des appels manqués. De l'organisation, pas du budget.
  3. Déclarez à votre conseil régional votre site et vos espaces numériques professionnels. Un courrier.
  4. Mettez le site en conformité — nom de domaine, contenu de l'article 28, formulaire minimal. Comptez en général 6 000 à 20 000 DH HT selon l'ampleur.
  5. Publiez six à dix fiches pédagogiques sur les questions que vos patients posent vraiment en consultation.

Ce qu'ANIMA fait, et ce qu'elle refuse, pour un cabinet

Nous refusons les campagnes payantes destinées à attirer des patients, les avant/après, les témoignages et les promesses de résultat. Ce n'est pas de la prudence commerciale : devant l'Ordre, c'est vous qui répondez, pas votre agence.

Ce que nous faisons : la fiche Google, un site conforme à l'article 28, la prise de rendez-vous, les contenus de santé pédagogiques et le référencement local. Tout est produit en interne, avec un seul interlocuteur.

Notre règle maison veut que le budget publicitaire soit versé directement par le client à la plateforme, sans commission d'agence. Ici, elle ne trouve même pas à s'appliquer : il n'y a pas de budget média à engager. Ce qui reste, et qui compte davantage : le nom de domaine, l'hébergement, la fiche Google et les comptes sont ouverts à votre nom et vous appartiennent. Si vous quittez l'agence, vous partez avec.

💡 Avant de publier quoi que ce soit : cet article décrit les textes parus au Bulletin officiel, il ne constitue pas un avis juridique. Soumettez votre projet de site ou de page à votre conseil régional, Ordre national des médecins ou Ordre national des médecins dentistes. C'est gratuit, et c'est la seule validation qui vous protège.

Un cabinet visible, sans franchir la ligne déontologique

Dites-nous votre spécialité et votre ville. On vous renvoie un état des lieux de votre visibilité et un plan conforme aux textes, sous 24 h.

Vous préférez écrire ? WhatsApp : +212 705-969268

Questions fréquentes

Ai-je le droit de faire de la publicité Facebook ou Google pour mon cabinet au Maroc ?

Non. Le code de déontologie des médecins-dentistes interdit « tous procédés directs ou indirects de réclame ou de publicité » (article 11), et le code de la profession médicale interdit toute déclaration à caractère publicitaire ainsi que le rabattage de patients (article 21). L'article 26 ajoute qu'un espace numérique professionnel ne doit pas être un moyen d'attraction des patients. Une campagne payante destinée à faire venir des patients entre dans ce champ.

Un médecin a-t-il le droit d'avoir un site internet au Maroc ?

Oui, et c'est explicitement prévu. Le code de 2021 impose d'informer votre conseil régional lors de la création du site (article 26), exige que sa dénomination comprenne vos nom et prénom (article 27) et fixe à l'article 28 la liste fermée des informations autorisées : identité, spécialité, diplômes, parcours, photo d'identité, activités exercées, publications et informations de santé à caractère éducatif. Voyez notre offre de création de site web au Maroc.

Puis-je publier des photos avant / après sur Instagram ?

Non. Ces publications constituent une déclaration à caractère publicitaire portant sur un traitement, que l'article 21 interdit, et donnent au public des espoirs de résultat que le même article proscrit. Pour un dentiste, l'article 11 interdit tout procédé direct ou indirect de réclame. S'y ajoute le secret médical dès qu'un patient est identifiable.

Puis-je demander à mes patients de laisser un avis Google ?

Ce n'est pas conseillé. Solliciter des avis pour faire venir des patients s'apparente au rabattage visé par l'article 21. Laissez les avis arriver seuls, et répondez sans jamais confirmer qu'une personne est votre patiente ni évoquer un soin : une réponse publique trop précise porte atteinte au secret médical.

Un dentiste peut-il afficher ses tarifs sur son site ?

Informer un patient du coût d'un acte lorsqu'il le demande relève de l'exercice normal. En revanche, mettre en avant des prix comme argument d'attraction est exclu : la profession ne doit pas être pratiquée comme un commerce (article 11) et l'article 35 interdit d'abaisser ses honoraires dans un but de concurrence. En cas de doute, soumettez la page à votre conseil régional.

Combien coûte un site pour un cabinet médical ou dentaire au Maroc ?

Pour un site vitrine conforme — identité, parcours, actes pratiqués, accès et prise de rendez-vous — comptez en général 6 000 à 20 000 DH HT selon le nombre de pages et le contenu rédigé. Notre article sur les prix de création de site web au Maroc détaille les postes. Le budget publicitaire, lui, est nul : il n'y a pas de campagne à financer.